A écouter – Faut il être riche pour réussir dans le vin ?

Émission Du Grain à Moudre – Novembre 2014

Podcast-Du_grain_a_moudreUn bon podcast sur France Culture sur le thème des relations entre la richesse et le vin, avec pour invités Benoit de Charette (président de la Chambre de commerce et d’industrie régionale (CCIR) de Bourgogne et co-gérant de la maison de vins beaunoise Albert Bichot), Alexandre Cornot (président de la maison de champagne Brimoncourt, ancien notaire et marchand d’art), Boris Pétric (anthropologue, directeur de recherche au CNRS (EHESS-Centre Norbert Elias) et Isabelle Saporta, journaliste.

Les sujets abordés se concentrent sur la « gentrification » du monde du vin (à travers l’achat de domaine), le prix du vin et le goût du vin. C’est assez intéressant et (mais ?) très politiquement correct.

Je vous encourage à écouter le podcast car il donne envie de réagir, de partager son avis et d’en savoir plus sur la question.

Vous trouverez ci-dessous ma modeste vision (sur la gentrification et le prix des domaines viticoles) qui n’engage que moi.

Je pense qu’il est en effet grisant de devenir producteur/propriétaire de domaine viticole. Tout d’abord car le vin est synonyme de « luxe » et de « savoir vivre », et qu’associer son nom à ces notions anoblit (ou au moins donne le sentiment d’être anobli). De plus, acheter un domaine c’est un peu comme acheter une part d’histoire. Le vin est un produit « noble » appelé a perdurer dans le temps. Retrouver une bouteille ancienne pousse souvent à s’interroger sur ses origines et son « propriétaire initial ». Être propriétaire c’est s’offrir une certaine gloire, celle qui permet à son nom de perdurer dans le temps. Mais également de transmettre un héritage physique, un nom, un patrimoine, un domaine, une histoire (et de la picole). Et ça, même dans l’air du tout numérique, ça reste la classe. « Les hommes partent mais la terre reste » disait Pearl Buck. Enfin (et surtout) comme l’explique pendant l’émission Alexandre Corniaud, l’achat d’un domaine viticole est un investissement altruiste : on se fait plaisir en faisant le vin et on fait plaisir quand on boit le vin.
Donc oui, il parait logique que ceux qui ont été élevés dans l’amour du vin ou qui souhaitent être associés à son univers « luxueux » (et surtout qui en ont les moyens) s’intéressent à l’achat de terres viticoles, si possible avec grands châteaux, et encore mieux dans le Bordelais, la Bourgogne ou la Champagne. Donc oui il y a un phénomène (un problème) de hausse exponentielle du prix des terres viticoles, surtout dans ces régions. Oui, cela empêche un jeune viticulteur bordelais pur souche de s’implanter dans sa région d’origine à cause de cette escalade de prix. Mais ce problème de terrain et d’immobilier n’est pas inhérent au monde du vin c’est un phénomène qui touche tous les secteurs d’activité. Les entreprises qui grossissent ne peuvent plus être implantés à Paris centre et se déplacent en banlieue. Et encore pire, la mixité sociale diminue au cœur des grandes villes, due à l’augmentation des prix des logements et donc de l’immobilier. Mais ce n’est pas la faute des « bobos » comme ont tendance à le marteler les partis politiques un peu extrêmes, ni des propriétaires qui cherchent à s’anoblir  (ou tout simplement à vivre à fonds leur passion du vin), c’est la non-réglementation des richesses territoriales qui en est la cause. Les effets d’un capitalisme trop libéral ont laissé la voie libre aux dérives immobilières. Le phénomène ne se concentre ni sur les vignes, ni sur la France, ni sur l’Europe mais est global. Et diminue l’émergence de talents non armés pour lutter dans ces sociétés.
Mais cela n’empêche pas (tous) les vignerons de rêver de beaux vins et d’être ambitieux, en dehors du trio Bordeaux-Bourgogne-Champagne. Il suffit de faire un tour chez les cavistes pour se rendre compte que les jeunes ont pris en compte la notion de territoire et vont ainsi peupler des régions pour l’instant moins « côtées » mais où sortent des pépites extraordinaires (encore goûté il y a quelques jours un chenin blanc extraordinaire de Loire de chez Bertin-Delatte – magnifique). Donc oui la gestion du territoire et de l’immobilier est un problème et oui, une régularisation de l’immobilier devrait un sujet traité par les gouvernements de gauche, comme de droite, et par des mesures fortes.

Et oui demain si j’ai les moyens d’acheter un vignoble, je le fais !

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